ARTICLE DE BLOG

Wahoo …chaud le titre de ce livre. Je fais quoâââ !

Et oui, parfois cela arrive comme dans un mauvais  rêve …le ciel est clair, le printemps s’annonce, si si  il y a même un collègue qui a osé une vanne « pourrie ». Le ou la  bibliothécaire fait ses acquisitions depuis des mois, que dis-je des années. Il ou elle connait SES éditeurs, SES collections… à peu près….il ou elle maîtrise parfaitement son sujet selon l’expression consacrée, et voilà que patatras au milieu de la sélection de livres à mettre en commande, ou, parce que le libraire a glissé, le fourbe, l’information : là ….sous ses yeux surgit de nulle part, un titre de livre vient le narguer, le provoquer, le menacer dans ses certitudes de BIBLIOTHECAIRE. : Un livre qui parle des ados en ayant dans son titre : suicide et ados….. Ils ont osé … que vais-je dire à ma hiérarchie ? à mes lecteurs ? et les collègues, surtout celui de la vanne, quelle réaction auront-ils tous si j’achète ce livre ? J’entends déjà les réactions : apologie du suicide, rejet des valeurs morales, indignations de nos lecteurs anciens….

Après avoir beaucoup réfléchi, méditer sur  le rôle du bibliothécaire, considérer que la vie doit continuer malgré toutes  ces terribles épreuves ; le bibliothécaire va ouvrir courageusement  le livre qu’il se sera procuré afin d’en affronter le contenu : car le bibliothécaire est naturellement brave et  courageux même si ce n’est pas dans sa fiche de poste.

Et là surprise (ou déception) rien de gore, de crash, pas de photos horribles, juste des mots simples qui parlent aux ados de la vie, de leur vie. Le livre leur explique comment relativiser et dépasser leurs mal-être, comment ce qu’ils pensent insurmontable va se juste se dissoudre dans le quotidien.  Des phrases pour expliquer que nos vies ne sont pas si différentes et que les recettes des uns peuvent être utiles aux autres. Un livre juste pour parler de la vie même quand elle fait mal. Au final un livre qui a sa place dans les rayons de la bibliothèque.

Mais revenons à notre histoire, celle de ces titres et de ces couvertures qui peuvent émouvoir ou même choquer le bourgeois comme dirait un vieux militant croisé il y a bien  longtemps. Quelle posture, quelle démarche devons-nous adopter, comment aborder ces situations ? Umberto Eco face aux problèmes complexes qui interrogent la morale disait qu’il faut toujours  dans un premier temps comprendre et expliquer les situations et dans un second seulement les justifier, les cautionner ou au contraire les condamner.


" Hello, monde cruel " le document à l'origine de cettte petite reflexion

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